La Croix-Rouge canadienne signale des lacunes dans la capacité d'intervention en cas de catastrophe
OTTAWA, ONTARIO--(Marketwire - 20 août 2008) - Au cours des dix prochaines années, on doit s'attendre à ce que le Canada soit touché par un plus grand nombre de tempêtes violentes, d'inondations, ainsi que par une éventuelle pandémie de grippe. Toutefois, selon la plus récente étude de la Croix-Rouge canadienne, il existe des lacunes dans les plans de sécurité en cas de catastrophe.
C'est dans le but de combler ces lacunes que se réunit cette semaine le Groupe consultatif du projet d'amélioration du rôle du secteur bénévole en cas d'urgences sanitaires, dont la réunion est rendue possible grâce à une contribution de l'Agence de la santé publique du Canada. Le groupe se réunit à Ottawa afin de discuter des mesures à prendre en vue d'aider à mobiliser les ressources du secteur bénévole.
"Nous faisons face à des sinistres d'une ampleur sans précédent et ceux-ci posent de plus grands risques pour les Canadiens que par le passé", a déclaré Don Shropshire, directeur national, Gestion des sinistres, Croix-Rouge canadienne. "Lorsque l'ouragan Katrina a soufflé sur la Nouvelle-Orléans, la Croix-Rouge américaine a lancé la plus grande action bénévole depuis la Seconde Guerre mondiale. Une telle action nous donne une idée de l'éventuelle ampleur de telles catastrophes et prouve que nos capacités d'intervention font présentement défaut."
La première grande lacune concerne la sécurité des populations à risque élevé. Selon les résultats d'un projet de recherches de la Croix-Rouge canadienne, des millions de Canadiens vulnérables dépendent des services fournis par le secteur bénévole pour leur survie quotidienne. Toutefois, ces services ne sont pas à l'abri des catastrophes. En effet, une autre analyse a démontré qu'une grande majorité des organisations du secteur bénévole ne disposaient pas de plans détaillant la manière dont elles maintiendront ces services ou interviendront en cas de catastrophe.
La seconde lacune importante touche le recrutement de bénévoles et la mobilisation des ressources. A l'heure actuelle, la capacité d'intervention en cas de catastrophe au Canada est défaillante, et la meilleure façon de l'améliorer consiste à faire appel au secteur bénévole. "Nous avons grandement besoin d'intégrer les ressources non exploitées du secteur bénévole dans la capacité d'intervention du Canada, si nous voulons être en mesure de faire face à une urgence sanitaire ou à une catastrophe de grande envergure", a souligné M. Shropshire. Le poids économique du secteur bénévole est supérieur à celui des secteurs manufacturiers, miniers et du tourisme d'accueil au Canada. Bien qu'importantes, les ressources du secteur économique sont actuellement sous-exploitées.
Le secteur bénévole englobe plus de 161 100 organisations bénévoles et sans but lucratif qui travaillent toute l'année en fournissant des abris, en apprenant aux personnes à lire, en distribuant des vivres aux familles, en aidant les personnes handicapées, en rendant visites aux personnes âgées fragiles, en défendant les droits humains, en protégeant l'environnement et en rassemblant les collectivités afin qu'elles célèbrent ensemble leur culture. Les Canadiens vulnérables dépendent de ces organisations pour un large éventail de services de base, et ils en dépendront encore plus lors d'une urgence sanitaire ou d'une catastrophe. De nombreuses organisations disposent de grands établissements, de conseillers en intervention d'urgence, de secouristes dûment formés, de couvertures, de matelas, de générateurs, de véhicules, d'équipement pour les soins des enfants et de systèmes de communication. "Les outils mis à disposition aujourd'hui joueront un rôle clé et aideront les organisations à élaborer des plans afin de continuer à servir les personnes qui en ont le plus besoin et à mobiliser ces précieux atouts afin de renforcer la résilience de la collectivité", a dit Paula Speevak Sladowski du Centre de recherche et de développement sur le secteur bénévole et communautaire de l'Université Carleton.
Traditionnellement, le secteur bénévole s'occupait des urgences quotidiennes auxquelles étaient confrontées les populations vulnérables, alors que les organisations d'intervention en cas d'urgence, dont les gouvernements, mobilisaient leurs efforts lors d'intervention épisodique et de plus grande ampleur. Cependant, selon M. Shropshire, le monde a changé. "Il est essentiel pour la santé publique des Canadiens que ces organisations participent activement. Nous ne devons pas avoir des missions divisées, tout le monde doit au contraire participer à la préparation et à l'intervention en cas de sinistre. Le secteur bénévole doit s'asseoir à la table avec les gouvernements et les organisations d'intervention en cas d'urgence", a-t-il conclu.
La Croix-Rouge canadienne est membre du Mouvement international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, qui est composé de la Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, du Comité international de la Croix-Rouge et de 186 Sociétés nationales de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge. La Croix-Rouge canadienne a pour mission d'améliorer les conditions d'existence des personnes vulnérables en mobilisant le pouvoir de l'humanité au Canada et partout dans le monde.
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